Le confinement : quelles conséquences pour le peuple ?

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Instants Brief

publié:  

08/06/2021

 à 7h00


Catégorie:  Société

Lutter contre l'isolement du confinement

C’était en février 2020 : les médias diffusaient en boucle une alerte à propos d’un nouveau virus qui avait émergé depuis le mois de novembre précédent. Il s’appelait coronavirus ou Covid-19. Nous étions encore loin de nous douter que cette épidémie allait prendre l’ampleur mondiale d’une pandémie. Et pourtant ! Les décisions gouvernementales liées à la lutte contre la propagation de la maladie sont allées jusqu’à un confinement du peuple dès le mois suivant. Cette crise sanitaire a engendré de multiples effets, notamment psychologiques, sociaux et environnementaux. Nous faisons le point sur le confinement et ses conséquences diverses. Négatives… et positives !

Le confinement : les conséquences psychologiques

Cette pandémie, qui aura marqué le début du XXIe siècle, n’aura pas seulement affecté la santé physique des personnes atteintes par le virus. Elle aura également impacté la santé morale de bon nombre d’entre nous, de façon directe ou indirecte.

Les conséquences directement liées à la maladie

Un virus est une entité insidieuse qui pénètre l’organisme de manière insensible et subite. Si le nombre de morts provoqué par la Covid-19 a été largement inférieur à celui de la peste noire ou de la grippe espagnole (3,4 millions contre respectivement 75 millions et 50 millions minimum estimés), ce virus aura néanmoins touché plus de 164 000 000 de personnes à travers le monde.

À partir du moment où la contamination a eu lieu, elle suscite fatalement une angoisse plus ou moins importante chez la personne contaminée. Certes, le taux de mortalité lié au coronavirus est relativement faible (0,05 %). Mais si le sort tombait sur soi ? Du reste, si l’on peut dire qu’elle a provoqué un nombre de décès modéré, cette maladie a toutefois généré chez certains individus l’apparition de symptômes pénibles pouvant persister jusqu’à 6 mois et plus : fatigue intense, toux sèche, douleurs musculaires, maux de tête parfois violents… Or, un mal-être physique peut entraîner un mal-être d’ordre mental sur le long terme.

Outre les personnes elles-mêmes contaminées, n’oublions pas que les proches des individus frappés par la Covid ont été en proie à l’inquiétude, voire à la détresse dans les cas où la maladie a été fatale. En somme, il est bon de rappeler que toute contamination par un virus potentiellement mortel entraîne une souffrance psychologique certaine chez l’être humain.

Solutide de l'enfermement

Les conséquences indirectes de la pandémie : une dépression globale

Lorsque l’on évoque le confinement, on pense avant tout à la notion d’« enfermement » et d’isolation sociale, aux privations et restrictions qu’il impose. Ces conditions de vie ont été difficiles à supporter pour une grande partie de la population, soudainement bouleversée dans ses habitudes et bridée dans son champ d’activités possibles.

L’être humain est un animal social, et par ailleurs un minimum d’activités est nécessaire à son épanouissement personnel. Or, le confinement lié à la pandémie de coronavirus a strictement limité nos occupations :

  • à l’activité professionnelle,
  • aux courses,
  • et, durant certaines périodes, à une petite heure quotidienne d’exercice physique en extérieur dans un rayon maximal de 1 km autour du domicile.

En plus d’un cantonnement géographique au lieu de travail et au foyer qui a suscité un sentiment de routine et de lassitude, la quasi-impossibilité de faire des projets a également miné le moral de tous. Le manque de perspectives, l’incertitude quant à l’avenir et une sensation de manque de liberté lié à toutes ces restrictions ont participé à la baisse de moral collective.

Enfant regardant par la fenêtre

Finalement, avec la combinaison de ces différents facteurs, le taux de dépressions sévères a doublé en l’espace d’un an. 10 % de la population était concernée en mars 2020, au début de la crise sanitaire, contre 21 % en mars 2021. Les cas d’anxiété se sont également multipliés depuis le début de la pandémie. Au-delà des privations diverses, pour certaines personnes, c’est aussi le phénomène en lui-même, à savoir les potentiels dégâts du virus, qui a été source d’anxiété.

Au sujet des personnes déjà concernées par des troubles psychologiques avant la survenue de la crise sanitaire, la situation a parfois aggravé des symptômes déjà présents. C’est notamment le cas des personnes touchées par les psychoses, la dépression ou encore la phobie sociale.

Heureusement, les technologies modernes nous ont permis de maintenir un minimum de vie sociale afin de nous redonner un peu le sourire.

Le Covid-19 a entraîné une digitalisation des rapports sociaux

Une autre conséquence notable du confinement a été une modification de nos habitudes vis-à-vis des relations sociales. Les technologies modernes ont offert une alternative pour entretenir, voire même créer des liens avec autrui en dépit des règles de distanciation physique.

Le Coronavirus a-t-il favorisé l’isolement social ?

La réponse à cette question peut sembler évidente. Entre les règles de distanciation sociale, les restrictions en matière de sorties et de rassemblements, on peut penser que tout le monde a vu son cercle social se restreindre petit à petit. De plus, la peur d’être contaminé ou de contaminer ses proches a poussé certaines personnes au repli sur soi. Les gestes barrière teintés de méfiance ont quelque peu freiné les éventuelles envies d’initier le contact avec des inconnus croisés dans les rares lieux publics encore ouverts. On peut aussi déplorer que le port du masque déshumanise un tant soit peu les rapports sociaux : parler à un visage à moitié couvert peut s’avérer quelque peu déroutant.

Pour autant, certains ont réagi face à ce manque de contacts en allant les chercher via Internet, notamment par le biais des courriers électroniques ou des réseaux sociaux. Les applis de rencontre ont, elles aussi, fait l’objet d’une utilisation massive.

Garder contact avec les réseaux sociaux

La Covid, génératrice de liens plus solides ?

Durant le confinement, la privation de lien social a parfois aidé à la prise de conscience. En manque d’interactions, les gens ont cherché à reprendre contact avec d’anciennes connaissances au moyen du web ou du téléphone. Ainsi, des amitiés ont pu renaître ou se renforcer grâce à des prises de nouvelles plus régulières dans les deux sens.

Concernant les relations amoureuses, les personnes célibataires ont été davantage incitées à fréquenter les applications de rencontre pour mettre fin à un sentiment de solitude renforcé par les règles de distanciation sociale. Malgré les restrictions en vigueur durant le confinement, de nombreux couples se sont formés. En outre, cette période particulière a été l’occasion pour certaines histoires d’amour naissantes de passer au stade supérieur. En décidant de se confiner à deux plutôt que de subir un éloignement imposé pour une durée indéterminée, de nombreux jeunes couples ont sauté le pas et se sont mis en ménage. L’entente s’est confirmée pour beaucoup en vivant sous le même toit.

À l’inverse, la cohabitation forcée a aussi occasionné un nombre considérable de séparations. D’après le cabinet d’avocats britanniques Stewarts, les divorces ont explosé entre juillet et octobre 2020 : 122 % de plus que l’an passé à la même période ! Néanmoins, on peut aisément supposer que les couples concernés battaient déjà de l’aile et que le confinement aura seulement précipité leur chute. Une cohabitation de longue durée entre deux personnes qui s’entendent bien n’a aucune raison de provoquer un tel phénomène.

En définitive, il semblerait que le confinement lié à la Covid-19 ait incité le peuple à faire le tri et à conserver ou créer des liens de meilleure qualité.

 

Le Coronavirus : quel impact écologique ?

Outre la digitalisation des relations sociales, nous avons assisté à celle de nos modes de consommation. Or, aujourd’hui plus que jamais, économie et écologie sont étroitement liées. Le confinement a-t-il offert un temps de répit à la planète ?

Conséquences positives sur l’environnement

Parmi les mesures gouvernementales prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, les entreprises ont été encouragées, dans la mesure du possible, à mettre leurs salariés en télétravail. Ce mode de travail, combiné à la limitation des déplacements interrégionaux, a grandement réduit l’usage des transports, et ainsi, les émissions de gaz à effet de serre et de particules fines.

La qualité de l’air s’est améliorée : on a enregistré une baisse de la concentration en NO2 (dioxyde d’azote) de l’ordre de 70 % en Occitanie et dans le Pays-de-Loire. Le silence s’est installé dans les campagnes et même dans les villes, notamment lors du premier confinement, de mars à juin 2020. À tel point que les animaux sauvages ont repris leurs droits en circulant plus librement dans les zones habituellement occupées par les humains.

Rues de Paris vides

Conséquences négatives pour la planète

Cependant, les premiers jours du confinement ont entraîné une hausse du trafic Internet de 50 % en France et de 70 % chez nos voisins italiens. Or, les serveurs nécessaires au stockage et à la transmission des données (notamment pour la lecture des vidéos) sont gourmands en énergie. La part de responsabilité d’Internet dans le réchauffement climatique s’élève aujourd’hui à 4 %, un chiffre qui peut sembler faible à l’heure actuelle, mais qui ne fera que croître dans les décennies à venir, le monde digital étant en expansion constante…

 

Les commandes sur Internet ont fortement grimpé elles aussi, ce qui a entraîné un dommage collatéral : les achats auprès de géants du marché digital comme Amazon ont supplanté de nombreux commerces de proximité le temps du confinement. Or, si cette habitude d’achats de produits venant de loin perdure, les affluences de livraisons par avion, bateau et camion aggraveraient la pollution de l’air sur le long terme.

Toutefois, la digitalisation – au sens général du terme – n’est pas nécessairement négative d’un point de vue environnemental. Rappelons qu’elle permet d’éviter la surproduction de papier, réduisant ainsi indirectement la déforestation. De même, le numérique permet de modérer la production superflue de médias sur supports plastiques (classeurs, chemises, documents plastifiés, CD 2 titres, etc.).

Le télétravail, quant à lui, demeure une solution intéressante en termes de sauvegarde de la planète : il évite de nombreux déplacements générateurs de pollution environnementale et sonore. Et les tâches effectuées sur ordinateur consomment la même quantité d’énergie qu’elles soient exécutées sur le lieu de travail ou à la maison.

Les effets bénéfiques du confinement

Malgré tout, le confinement aura aussi laissé des traces positives (au-delà de certains aspects environnementaux suscités). Cette phrase peut paraître totalement antinomique, mais pourtant, des bénéfices liés à la crise sanitaire ont bel et bien été constatés.

Soutien au personnel soignant

Des élans de solidarité nés du Covid-19

La pandémie a fait naître un sentiment de solidarité au sein de la population, inédit depuis plusieurs décennies. En France, on peut citer des plateformes comme enpremièreligne.fr où des volontaires proposent d’aider les malades, les personnes à risque ou les soignants débordés de travail en faisant leurs courses, en gardant leurs enfants, etc.

Des réseaux d’entraide du même type ont vu le jour sous forme de groupes Facebook. D’autres personnes encore se sont mobilisées pour la création ou la production de masques, le lancement de cagnottes ou encore la distribution de repas dans les hôpitaux.

Elan de solidarité du au covid

La réouverture des restaurants équipés d’une terrasse, qui a eu lieu le 19 mai 2021, a laissé sur le carreau les gérants d’établissements qui n’en étaient pas équipés. Face à ce constat, de nombreux confrères restaurateurs leur sont venus en aide en leur proposant un poste de cuisinier dans leur propre restaurant, au sein duquel la reprise d’activité était possible, nous informe aujourd’hui France TV Info.

Ils se sont épanouis lors du confinement

Parfois, il faut toucher le fond pour mieux rebondir. Lassées des multiples privations, certaines personnes qui commençaient à sombrer dans la déprime lors du confinement ont subitement décidé de briser cette interminable routine. On ne voyait pas le bout du tunnel, on tournait en rond chez soi…

Alors, d’aucuns ont réagi en décidant de tirer leur épingle du jeu. Le confinement a été l’occasion pour eux de suivre une formation en ligne en vue d’une reconversion professionnelle, de reprendre une activité physique (randonnée, course, vélo…), dans la limite des autorisations gouvernementales en vigueur, ou même d’écrire un livre.

En somme, puisque les libertés étaient restreintes et les possibilités en matière de projets réduites, autant exploiter ce moment de latence pour entamer de nouvelles activités, ont-ils pensé. Cette période où le monde semblait figé leur aura donné l’impulsion nécessaire pour sortir de leur zone de confort et réaliser certains rêves qui demeuraient en jachère depuis des années dans un coin de leur tête !

Cette période de confinement aura eu des conséquences diverses et variées, mais au final, ce mode de vie imposé n’aura pas eu que des impacts négatifs. Nombreux sont celles et ceux qui pensent que cette crise sanitaire d’envergure mondiale aura marqué l’histoire de l’humanité. Mais qui sait si elle n’aura pas aussi influencé notre génération elle-même ? Peut-être même avons-nous appris à mieux savourer notre liberté après en avoir été privés pendant plus d’un an… Allons-nous par ailleurs en tirer des leçons sur le plan écologique ? Prendre conscience de l’inviabilité de l’élevage intensif, vecteur de maladies ? Des bénéfices du télétravail sur la qualité de l’air ? Nous l’espérons de tout cœur !