Un avion au biocarburant

La honte de prendre l’avion (flygskam) en raison de son coût carbone élevé vient rendre encore plus difficile la communication des compagnies aériennes, qui visent pourtant le « zéro émission nette » avant 2050.

 

Les compagnies aériennes doivent faire face à la pandémie et combattre leur mauvaise réputation en matière de pollution. La colère d’activistes contre les émissions de gaz à effet de serre rend cette équation à plusieurs chiffres encore plus difficile à résoudre.

 

1 550 milliards de dollars pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien

 

Début octobre, près de 300 compagnies et membres de l’IATA (l’Association internationale du transport aérien) ont présenté leur programme pour atteindre une neutralité carbone au plus tard en 2050. Cette nécessité pour lutter contre le changement climatique devra être supportée financièrement par les compagnies elles-mêmes, entre 2022 et 2050.

 

Le simple fait de faire voler des avions représente environ 3 % des émissions de gaz à effet de serre, auxquels il faut ajouter la pollution liée à leur fabrication. L’IATA reconnaît que le secteur aérien est responsable de 0,9 milliard de tonnes de CO2 annuel.

 

En réalité, si l’on ramène la production au kilomètre et par personne, l’avion émet entre 150 et 280 grammes (tout dépend de la durée du vol), la voiture 150 grammes, un deux-roues 76 grammes, un bus 68 grammes et un train 14 grammes.

 

Le problème du transport aérien est que ses passagers ne cessent d’augmenter, avec 650 millions environ il y a quarante ans pour 1,8 milliard en 2020. Dans les années 2050, le nombre d’usagers de l’avion pourrait atteindre 10 milliards.

 

Le casse-tête des compagnies aériennes de plus en plus complexe

 

Depuis 2018, un mouvement venu de Suède se fait entendre, accentué par l’effet Greta Thunberg. Il dénonce la honte de prendre l’avion en raison de ses fortes émissions de gaz à effet de serre. Le flygskam a ensuite gagné d’autres pays, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, les États-Unis et même la France.

 

Les principales cibles de ce mécontentement sont les jets privés, qui, selon Transport et Environnement, polluent jusqu’à 14 fois plus, par personne transportée, que les avions de ligne (et donc 50 fois plus que le train). En France, les membres des associations Greenpeace et Alterniba se font entendre en menant des actions chocs pour dénoncer « un greenwashing du secteur aérien de la part du gouvernement ».

 

La Convention citoyenne pour le climat a, de son côté, demandé de supprimer les lignes intérieures qui pourraient être remplacées par des TGV. Dans le projet de loi final, l’Assemblée nationale ou le Sénat ont d’ailleurs validé une mesure prévoyant de supprimer les lignes intérieures aériennes dans le cas où le trajet pourrait être effectué en moins de 2h30 en TGV.

 

Les ONG ne crient pas victoire pour autant, car en réalité, cette loi ne s’appliquera probablement qu’à une seule liaison, reliant Orly à Bordeaux.